"Ça le fait plus" : le top 5 des expressions et autres abus de langage les plus énervants
Nombreux sont les tics de langage
ou « expressions énervantes » qui sont copieusement utilisés par
quelques-uns (mais pas tous) et en agacent quelques autres (mais pas
tous non plus).
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Crédit D.R.
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Ils sont la plupart du temps
soit des usages incorrects, étymologiquement parlant, de notre
vocabulaire, soit des formules toutes faites, issues de films ou
d'émissions de télévision et qui marquent les spectateurs. Ils
peuvent aussi être des formulations alambiquées à propos desquelles on
pourrait affirmer « pourquoi le dire simplement quand on peut le dire de
manière compliquée ».
En voici une courte liste, obligatoirement subjective et forcément non exhaustive.
Au jour d'aujourd'hui
Voilà
un exemple typique de pléonasme, qui existe au moins depuis le XIXe
siècle et qui par périodes, se retrouve régulièrement dans les
conversations modernes.
En effet, aujourd'hui est déjà en lui-même un pléonasme, issu de ce jour d'hui où hui, au Xe siècle, venu du latin hodie,
signifiait « en ce jour ». Il est donc parfaitement inutile d'en
rajouter une couche supplémentaire pour en arriver à dire quelque chose
comme « au jour du jour de ce jour ».
Excessivement
Il s'agit encore ici d'un abus de langage récent. Ce mot est beaucoup trop souvent utilisé à la place de extrêmement
par ceux qui s'empressent d'oublier que ce qui est extrême, donc proche
d'une limite, n'est pas forcément excessif, donc dépasse la limite.
On peut donc rappeler qu'extrêmement peut être utilisé là où on veut dire « (vraiment) beaucoup » et excessivement à la place de « trop ».
Force est de (constater, reconnaître...)
Tic
d'origine journalistique relativement récent et trop fréquent, très
employé par Claire Chazal, entre autres, lorsqu'elle présente le journal
télévisé, force est de constater que cette formule peut
toujours être remplacée par un simple « on constate, reconnaît… » ou,
si on veut vraiment insister sur le fait que la constation est
inévitable, par un « on ne peut que constater, reconnaître… »
À l'insu de son plein gré
Si cette expression est la plupart du temps exprimée ironiquement, on ne peut que constater
que, du fait qu'elle est presque rentrée dans le langage courant,
certains locuteurs ne se rendent pas compte de son énormité. Car elle ne
veut rien dire. Ou plutôt, on a là une forme d'oxymore (comme « un
silence assourdissant », par exemple). Si une personne fait quelque
chose de son plein gré, c'est en parfaite connaissance de cause, donc
certainement pas à son insu.
Cette formulation
nous vient en droite ligne des Guignols de l'Info, sur Canal +, à
l'époque de l'affaire Festina où la marionnette de Richard Virenque
disait que, si elle était dopée, c'était « à l'insu de son plein gré ».
Ça le fait (ou ça le fait pas)
Ah, ce verbe faire, mis à toutes les sauces là où, la plupart du temps, il existe en français un ou des verbes au sens autrement plus précis !
Nous
avons là une traduction littérale de l'anglais « that does it » très
récente puisqu'elle nous vient des banlieues parisiennes à la fin du
siècle dernier. Elle y a remplacé des locutions en bon français comme ça convient, ça fonctionne ou l'idée est bonne, entre autres.
Seules quelques-unes des formules souvent agaçantes ont été évoquées ici, mais en fait, c'est parce qu'il fallait rendre ce texte ASAP. J'espère simplement qu'à sa lecture vous vous serez dit : « c'est que du bonheur ». Mais bon, moi j'dis ça, j'dis rien, hein ?
Source : atlantico.fr

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