Et si en 2013 on regardait enfin la réalité économique en face ?
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| La zone euro va-t-elle basculée du point de vue économique ? |
La zone euro est toujours en danger et ce n'est pas parce que les décideurs politiques disent que la crise est finie qu'elle l'est...
L’année 2013 est une des rares années où nous
ne regarderons pas fébrilement une coupe du monde ou bien un championnat
d’Europe des nations. Il faudra donc nous contenter d’observer un peu
notre quotidien et de se demander comment se porte l’économie
mondiale et quels sont les risques potentiels qui peuvent la faire se
ralentir.
La zone euro est toujours à risque et ce
n’est pas parce que les décideurs politiques ont décidé de dire que la
crise est finie qu’elle l’est.
Les pays
périphériques sont toujours en souffrance et la Grèce, malgré ses
multiples défauts de paiement est toujours mal en point et ce n’est pas
2013 qui arrangera les choses. Bref, nombre de pays sont sous
pression et risquent de voir leur situation économique se dégrader. Dès
lors, au lieu de passer en revue l’ensemble des pays intéressons nous à
un risque commun à tous les pays de la zone euro : le risque de
« fatigue des réformes ». Grossièrement, les
réformes visant à réduire la place de l’Etat, à flexibiliser le marché
du travail etc. ont un coût à court terme et peuvent engendrer des gains
à plus long terme.
Toutefois, pour que ces réformes puissent
être mises en place il faut qu’il y ait un minimum de soutien au sein de
la population et de la société civile. Sans soutien d’une part
non négligeable de la population, les réformes pourront être votées
mais elles se heurteront à des manifestations, émeutes, coups
médiatiques etc. qui au final les videront de leur substance comme on a
pu l’observer à maintes reprises. Et plus le processus de réformes est
long et douloureux moins les gouvernements ont de soutien, surtout quand
il s’agit de réforme du marché du travail et que la situation
économique est déjà mauvaise. Or, il semble que plusieurs pays de la
zone euro commencent à approcher de la ligne rouge. En effet, les enquêtes d’opinion montrent un accroissement du mécontentement et de la peur parmi les populations.
Ce phénomène s’observe dans les urnes avec les bons scores des partis
aux extrêmes du spectre politique mais aussi dans l’instabilité des
coalitions (la Grèce en a été un bon exemple en 2012 et 2013 est encore à
risque ; l’Italie qui vote bientôt pourrait se révéler ingouvernable.
L’Allemagne vote en 2013 et pas sûr que plus d’Europe convienne aux
électeurs.
La France quant à elle est
encore dans une situation intermédiaire où l’on propose une réforme dans
un sens et puis on fait demi-tour face au mécontentement généralisé ou
simplement sous la pression de quelques acteurs influents. La
même musique devrait encore se jouer en 2013 à moins que des évènements
extérieurs poussent les choses à bouger vers un résultat complètement
aléatoire qui pourrait s’avérer pire ou meilleur.
Pour
éviter cette fatigue il est important de sortir des discours lénifiants
et infantilisants d’autosatisfaction qui semblent être devenus la norme
(à croire que tous les décideurs politiques, quelles que soient leurs
couleurs, ont les mêmes conseillers en communication).
Toutefois, l’offre politique n’est pas la seule responsable, les
citoyens se doivent aussi de chercher à comprendre les enjeux. Ce n’est
que sur cette base que l’Europe évitera les situations de blocages
sociales, les tensions et l’émergence d’un dialogue de sourd.
D’un point de vue plus international, la problématique de l’énergie et des matières premières n’est pas à négliger. En effet, toutes les grandes périodes de croissance économique se sont accompagnées d’une énergie pas chère. Or,
même si on n’en parle moins, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient
demeurent et une déstabilisation plus profonde de cette région est
possible. Dans ce cas, adieu veaux, vaches, cochons, le prix du pétrole
augmenterait cassant tout reprise économique aussi bien en Chine qu’en
Europe ou aux Etats-Unis.
Dès lors, un
apaisement des tensions et des avancées technologiques et scientifiques
dans l’énergie et son utilisation écologique permettraient d’éclaircir
l’horizon économique en offrant une énergie meilleure marché.
Voilà
non pas un tour d’horizon pour 2013 (car les sujets restent nombreux)
mais juste un petit focus sur deux éléments qui me semblent importants
d’avoir à l’esprit pour comprendre ce qui pourrait se passer durant
l’année 2013.
Source : Atlantico.fr

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