Les ours sont-ils en voie de disparition à leur tour ?
De sérieuses menaces planent sur les ours polaires et les ours bruns des Pyrénées.
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| Les deux tiers des ours polaires pourraient disparaître à l'horizon 2050. (Crédit Reuters) |
Les associations de protection de l’environnement font cause commune pour les ours polaires...
Les
ours polaires sont une espèce emblématique. De l’érosion de la
biodiversité et des dommages provoqués par le réchauffement climatique,
lequel accélère la fonte de la banquise, l’habitat naturel des
plantigrades, qui pourrait disparaître en période estivale à compter de
2016 si l’on en croit les prédictions de la NASA.
Des
experts craignent en outre une disparition d’environ deux tiers des
effectifs d’ours polaires d’ici au milieu du siècle. Pour tenter
d’enrayer le déclin de leur population, les Etats-Unis proposent
cependant d’interdire le commerce international de l’espèce et de
renforcer les mesures de protection dont elle fait l’objet.
Une
requête qui sera examinée à l’occasion de la prochaine conférence de la
CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et
de flore sauvages menacées d’extinction), en mars prochain à Bangkok
(Thaïlande), et que soutiennent treize ONG de défense de la nature (NDLR
: Robin des Bois, IFAW France, la Fondation Brigitte Bardot, One Voice,
Sea Shepherd France, 30 millions d’amis, la LPO (Ligue de Protection
des Oiseaux), l’Association AVES (A voice for endangered species)
France, L214, le CRAC (Comité radicalement anti-corrida), Ecologie sans
Frontière, les Amis de la Terre et l’ASPAS (Association pour la
protection des animaux sauvages) ). Celles-ci considèrent que la France a
« un rôle à jouer » dans cette « affaire » et ont adressé une lettre à
la ministre de l’Ecologie Delphine Batho, l’enjoignant d’appuyer à son
tour la proposition américaine.
Ce serait en effet une excellente idée.
… qui pourraient néanmoins survivre
Car
si la plupart des spécialistes prophétisent, sur la base de menaces on
ne peut plus concrètes, une baisse dramatique de la population d’ours
polaires, une équipe de scientifiques internationaux pense de son côté
que l’espèce pourrait les surmonter. Auteure d’une étude publiée en
juillet dernier, elle a procédé à une analyse approfondie du génome du
plantigrade et « décortiqué » l’ADN de vingt-trois individus.
Les
experts sont finalement parvenus à la conclusion que l’espèce est en
réalité beaucoup plus âgée que ce que croyait la communauté scientifique
jusqu’alors : de quatre à cinq millions d’années, contre six cent mille
ans « seulement » d’après des investigations antérieures. Surtout, il
semblerait que les ours blancs se soient toujours adaptés aux mutations
climatiques et soient plus résistants qu’il n’y paraît.
Lorsque
le climat se réchauffe, les plantigrades tendraient par ailleurs à se
rapprocher des régions plus méridionales et donneraient naissance à des
oursons mieux adaptés aux nouvelles conditions climatiques. « Même si
les ours polaires ont connu des périodes de réchauffement dans le passé,
il n’y a aucune garantie qu’ils vont survivre à cette période », a
néanmoins tempéré Charlotte Lindqvist, membre de l’Université de Buffalo
(New York) et co-auteure de l’étude précitée.
La plus grande vigilance est quoi qu’il en soit de mise.
Les ours bruns des Pyrénées doivent être mieux protégés
Tel
est en tout cas l’avis de la Commission européenne, qui vient
d’adresser à la France une lettre de mise en demeure pour avoir dérogé à
ses obligations de protection de l’espèce. Une bonne nouvelle pour les
ONG de protection de l’environnement, qui n’ont de cesse de réclamer
davantage de volontarisme politique.
Directeur de
l’association Pays de l’ours-ADET, Alain Reynes reproche ainsi aux
pouvoirs publics, qui veulent également ménager la susceptibilité des
éleveurs, de « (jouer) la montre depuis des années pour ne pas respecter
ses engagements ». Il soutient de surcroît que, pour éviter des
sanctions qui selon les ONG pourraient aller jusqu’à des pénalités
financières voire le gel des fonds structurels continentaux versés à
l’agriculture, au tourisme ou aux infrastructures de la région, le
gouvernement va devoir adopter « un nouveau plan de restauration
détaillant les mesures de protection de l’espèce et de cohabitation avec
les activités humaines ainsi que les moyens financiers mis en œuvre ».
Le
fait est qu’on ne dénombrait que vingt-et-un ours bruns dans le massif
l’an dernier.
Un chiffre qui semble insuffisant pour envisager une
survie de l’espèce au-delà d’un demi-siècle…
Source : atlantico.fr

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